Antoine Payet : Le Premier d'un des Noms les plus répandus de La Réunion

Antoine Payet, connu sous le surnom « La Roche », est né en 1640 dans la paroisse de Saint-Priest-la-Roche, située dans l’ancien Dauphiné, près des Roches de Condrieu. Cette région de l’Isère, aujourd’hui connue sous le nom de Saint-Prim, est son village natal. Antoine Payet est un personnage marquant de l’histoire de l’île de la Réunion, étant l’ancêtre de l’une des familles les plus prolifiques de l’île.

Arrivée à l’Île Bourbon

Antoine Payet arrive à l’île Bourbon le 19 novembre 1674 à bord de La Flotte de Blanquet de La Haye 2, après avoir servi en qualité de soldat à Madagascar. Son arrivée fait suite à la déroute de l’escadre de Perse, commandée par l’amiral Jacob Blanquet de La Haye, face à la flotte hollandaise alliée au sultan de Golconde à San Thomé.

Vie à l’Île Bourbon

À son arrivée, Antoine Payet s’installe à Saint-Paul et épouse vers 1677 Louise Siariane, une jeune Malgache rescapée du massacre de Fort-Dauphin en 1674 et veuve d’Étienne Grondin. Ensemble, ils auront dix enfants. Antoine acquiert plusieurs propriétés autour de Saint-Paul où il cultive des légumes, élève du bétail et produit des centaines d’hectolitres annuels de frangorin, ce qui irrite la Compagnie des Indes en raison de la concurrence.

Rôle dans la Communauté

Antoine Payet devient l’un des six membres du directoire de Saint-Paul de 1694 à 1696, jouant un rôle clé dans la gestion de la communauté locale. Il siège avec Louis Caron, Lézin Rouillard, René Hoareau, François Mussard et Athanase Touchard, tous parmi les plus anciens habitants de l’île.

Héritage et Descendance

La famille Payet est réputée pour sa prolifique descendance. Les dix enfants d’Antoine et Louise donneront naissance à 93 petits-enfants, dont 56 porteront le nom de Payet. Ses fils, Germain, Antoine II, Laurent, Daniel et Hyacinthe, contribuent largement à l’expansion de la famille malgré les tragédies comme l’épidémie de variole de 1729.

Antoine Payet est également connu pour sa richesse et son labeur incessant. Il est décrit par Antoine Boucher comme un homme laborieux et avare, mais très honnête. À la fin de sa vie, il possède une habitation prospère à proximité de l’Étang de Saint-Paul, où il cultive du riz, des patates et des légumes en abondance, et produit du sucre et de l’eau-de-vie.

Décès et Mémoire

Antoine Payet décède à Saint-Paul le 7 mai 1710, à l’âge de 70 ans, après avoir reçu les sacrements. Son décès est enregistré dans les archives de l’île, et il est inhumé dans le cimetière de Saint-Paul, en présence de nombreux paroissiens. Sa vie et son héritage continuent de marquer l’histoire de La Réunion, faisant de lui une figure emblématique et respectée.

Sources:

– « Dictionnaire Généalogique des Familles de l’Île Bourbon (1665-1810) » par Lucien Jacques Camille Ricquebourg.

– « Mémoire pour servir de connoissance particulière de chacun des habitants de l’isle Bourbon » par Antoine Boucher.

– « L’épopée des cinq cents premiers Réunionnais » par Jules Bénard et Bernard Monge.

Archives: PAYET Germain (son fils)